Ragdoll de Daniel Cole


Un crime odieux sans suspect, un meurtrier qui se joue de la police et un enquêteur taciturne qui paraît à côté de ses pompes : ce sont les ingrédients de Ragdoll, le premier roman de Daniel Cole. Un polar entraînant et bien ficelé qui exploite le thème de la vengeance.

Quatrième de couverture
Un « cadavre » recomposé à partir de six victimes démembrées et assemblées par des points de suture a été découvert par la police. La presse l’a aussitôt baptisé Ragdoll, la Poupée de Chiffon. Tout juste réintégré au Metropolitan Police Service de Londres, l’inspecteur « Wolf » Fawkes dirige l’enquête sur cette effroyable affaire, assisté par son ancienne coéquipière, l’inspectrice Baxter. Chaque minute compte, car ce nouveau serial killer vient de communiquer, par voie de presse, une liste de six noms. Son programme de meurtres pour les jours à venir. Avec le meilleur pour la fin : Wolf lui-même…
Mon avis
Si vous ouvrez ce livre, préparez-vous à plonger dans une histoire sombre, glauque et gluante dont vous voudrez vite connaître la fin. Gluante du sang qui a été minutieusement vidé des six victimes qui composent la Ragdoll, cette poupée faites de morceaux de corps horriblement cousus entre eux. Gluante l’atmosphère qui se dégage de ce roman, véritable chasse à l’homme dans les rues de Londres.
Dans un récit au rythme endiablé, étonnamment bien maîtrisé pour un premier roman, Daniel Cole inverse les rôles du polar traditionnel. Ce n’est plus la police qui traque le tueur, mais bien le tueur qui se paye les flics, en leur livrant la liste de ses prochaines victimes, accompagnée de la date de leur mort. Avec une cible finale de choix : l’inspecteur William Oliver Layton-Fawkes, que tous appellent par ses initiales “Wolf”. 
L’ambiance posée, l’auteur déroule son intrigue d’une main de maître et enclenche une course contre la montre dans laquelle les cadavres seront nombreux. Peu à peu, la motivation du tueur frôle le délire mystique et le roman s’imprègne d’une odeur de souffre que le fait entrer dans une dimension nouvelle, faustienne. 
Wolf, taiseux jusqu’à en devenir suspect, m’a beaucoup rappelé Harry Bosch, le personnage de Michael Connelly. Difficile à cerner, parfois antipathique, il se cache sous cet enquêteur troublant une sensibilité que Daniel Cole dévoile peu à peu, histoire d’appâter son lecteur.
Et la bonne nouvelle, c’est que Ragdoll est le premier opus d’une trilogie. Dans le second tome L’Âppat, déjà paru aux éditions Robert Laffont, Wolf et toute son équipe reprennent du service. De quoi donner lieu à de nouvelles histoires sanguinolentes !
En bref
Un premier polar très sanglant, premier tome d’une trilogie qui brille par son intrigue maîtrisée et son personnage principal charismatique, quoique troublant. J’ai hâte de lire la suite !
Le livre

Ragdoll de Daniel Cole
Traduit de l’anglais par Natalie Beunat
Editions Pocket (2018), 512 pages
Publié initialement aux éditions Robert Laffont
J’ai lu ce livre dans le cadre de ma participation au jury du Prix Nouvelles Voix du Polar des éditions Pocket.

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