Personne n’a oublié de Stéphanie Exbrayat

Personne n'a oublié de Stéphanie Exbrayat

1963, dans un petit village dans le Morvan. Un jeune garçon mort brutalement, une mère effondrée, un père violent et des ragots qui vont bon train parmi les villageois. C’est le décor de Personne n’a oublié, le deuxième roman de Stéphanie Exbrayat, un thriller rural totalement addictif qui interroge la place de la femme dans la campagne française des années 60.

Quatrième de couverture

Lorsque son fils de huit ans décède brutalement, Colette ne peut croire à un accident. Elle soupçonne François, son mari, un homme violet et secret, de ne pas être étranger au drame. Dix ans auparavant, Colette, enceinte d’un autre homme, a été contrainte de l’épouser. Dès lors, il a imposé la terreur et la tyrannie au sein de leur foyer.
Bravant la violence de cet homme, Colette s’engage dans une dangereuse quête de vérité. Quel rôle a-t-il joué dans la mort de Sam ? Et quel est ce trouble passé que François semble vouloir cacher à tout prix ?
Au cœur de ce petit village du Morvan, les esprits s’échauffent et les tensions remontant à la guerre atteignent leur paroxysme. Le village bruisse de rumeurs, et de douloureux secrets ne tardent pas à resurgir…
Mon avis
A la mort de son fils Sam, tombé d’une échelle, Colette refuse d’admettre qu’il s’agit d’un accident. Pour elle, c’est François, son père adoptif, qui l’a tué. Depuis des années, ce mari taiseux et violent ne cesse de s’en prendre à elle et son fils, comme à des souffre-douleurs. Alors pendant ses journées à l’usine, elle mène son enquête et tente de lever le mystère sur la mort de Sam. Sans toutefois éveiller les soupçons de François mais aussi des habitants du village, toujours prêts à propager les rumeurs croustillantes. Encore présent dans tous les esprits, le souvenir de la guerre rend les villageois méfiants et les mœurs sont encore loin d’être progressistes. 
Avec un style réaliste et touchant, Stéphanie Exbrayat raconte dans les détails le combat de Colette pour découvrir la vérité sur la mort de son fils. Mais aussi pour acquérir une liberté dont bien des femmes sont privées à l’époque. Car pour bien des hommes, François en tête, la place de la femme est à la maison, à s’occuper de la cuisine, du ménage et des enfants, sans oublier les devoirs conjugaux. Travailler, se cultiver, apprendre, ce n’est pas pour les bonnes femmes (avant 1965, les femmes n’en avaient d’ailleurs pas le droit sans l’accord de leur mari).
En plus d’être un thriller addictif dont on tourne les pages sans s’en rendre compte, Personne n’a oublié est un récit sur la violence des rapports homme/femme, à une époque pas si éloignée de la nôtre. Touchante bien qu’un peu agaçante pour les plus libres d’entre nous, Colette force le respect par son abnégation et son courage. Quel beau portrait de femme !
En bref
Un thriller rural haletant qui explore les mœurs hantées par les fantômes de la guerre et la condition féminine dans les campagnes.
Le livre
Personne n’a oublié de Stéphanie Exbrayat
Editions de Borée (2019), 340 pages
Publié initialement aux éditions Terra Nova
Un grand merci à Stéphanie Exbrayat et aux éditions de Borée pour cette lecture.
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