Le paradoxe du bonheur d’Aminatta Forna

Le paradoxe du bonheur d'Aminatta Forna

Et si le bonheur était possible même quand on a vécu un traumatisme ? Et si être heureux, ce n’était pas attendre une vie meilleure mais savoir profiter au maximum de celle qu’on a ? Dans Le paradoxe du bonheur, Aminatta Forna construit un récit fait d’infimes détails qui forment une leçon de vie formidablement inspirante.

Quatrième de couverture
Un soir de février, à Londres, un renard traverse un pont, une femme percute un passant. Elle est américaine, il est ghanéen. À partir de cet événement presque banal, Aminatta Forna tisse le long de la Tamise, à deux pas des monuments et des beaux quartiers, une succession de rencontres improbables entre ces deux personnages et des étrangers de l’ombre qui travaillent dans les arrière-cours des théâtres, les parkings ou les cuisines des palaces. Une communauté disparate d’exilés qui, sans se connaître, se mobilisent pour rechercher un petit garçon dont on a perdu la trace. Un roman sur la vie souterraine des grandes métropoles, sur la cohabitation entre les humains réunis par le hasard ou les guerres du monde, entre les hommes et les animaux sauvages. Un récit entrecroisé sur le bonheur qui, et c’est le moindre de ses paradoxes, est là où on ne l’attend pas et qui tient parfois à la présence d’un renard sur un pont, à Londres, un soir de février.
Mon avis
Rien ne les prédestinait à se rencontrer, mais l’existence est parfois faite de petits hasards qui en font toute la beauté. C’est un soir de février, au bord de la Tamise, que Jean, biologiste américaine, heurte Attila, psychiatre ghanéen de passage à Londres. Elle étudie les renards en milieu urbain, il est spécialiste des traumatismes de guerre : a priori, il n’ont rien en commun. Et pourtant, leur route va se croiser à plusieurs reprises, à la faveur de coïncidences plus ou moins heureuses. Peu à peu, ils deviennent amis, en apprennent plus l’un sur l’autre et partagent bien plus que de banales formalités.
Dans ce récit au rythme lent et savoureux, Aminatta Forna parvient à créer une atmosphère douce et rassurante au cœur de l’effervescence londonienne. Dans une succession de flash backs et de rencontres surprenantes entre Jean, Attila et toute une armada de balayeurs, voituriers et gardiens d’hôtels expatriés, ce roman fait la lumière sur une communauté bienveillante et soudée, prête à aider les autres coûte que coûte.
Le paradoxe du bonheur est un texte profond, touchant, parfois difficile, qui pose la question du bonheur face à l’adversité et propose une réponse engagée : non, le traumatisme n’exclut pas le bonheur. Non, les épreuves ne rendent pas nécessairement malheureux et tout espoir n’est pas perdu. Car il est moins décevant de profiter de ce que la vie nous offre que de rester enchaîné à son passé ou d’attendre ce qui ne se présentera jamais.
Je suis sortie de ce livre confiante et pleine d’espoir. Aminatta Forna m’a offert une belle leçon de vie à garder à l’esprit.
En bref
Un très beau roman inspirant et tout en lenteur qui invite à accepter la vie comme elle vient et à profiter de chaque instant sans rester accroché aux traumatismes du passé.
Le livre
Le paradoxe du bonheur d’Aminatta Forna
Traduit de l’anglais (Royaume-Uni) par Claire Desserrey
Editions Delcourt (2019), 416 pages
Un grand merci aux éditions Delcourt pour cette lecture !
Partager sur facebook
Facebook
Partager sur twitter
Twitter
Partager sur pinterest
Pinterest
Partager sur email
Email

Laisser un commentaire