Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley

Le meilleur des mondes d'Aldous Huxley

Il y a des romans qui, bien que presque centenaires, vous donnent la curieuse impression de décrire l’époque exacte dans laquelle vous vivez.

Cette étrange sensation, je l’ai vécue en lisant Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley dans le cadre du #ChallengeLiredelaSF2019. Un roman terriblement visionnaire, publié en 1932 mais qui décrypte avec stupeur la course effrénée vers le bonheur qui caractérise notre siècle.

Quatrième de couverture

Voici près d’un siècle, dans d’étourdissantes visions, Aldous Huxley imagine une civilisation future jusque dans ses rouages les plus surprenants : un État Mondial, parfaitement hiérarchisé, a cantonné les derniers humains « sauvages » dans des réserves. La culture in vitro des fœtus a engendré le règne des « Alphas », génétiquement déterminés à être l’élite dirigeante. Les castes inférieures, elles, sont conditionnées pour se satisfaire pleinement de leur sort. Dans cette société où le bonheur est loi, famille, monogamie, sentiments sont bannis. Le meilleur des mondes est possible. Aujourd’hui, il nous paraît même familier…
Mon avis

Imaginez un monde où chacun n’aurait à se préoccuper que de son propre bonheur. Sans se soucier du monde. Sans se soucier des autres. Sans avoir mal, sans avoir peur. Avec un Etat qui vous fournit les loisirs et les substances pour ne pas éprouver d’émotions. Le bonheur, vraiment ?
Ce monde, c’est celui du Meilleur des mondes, comme l’a imaginé Aldous Huxley. Une société de laquelle ont été abolis les émotions et la souffrance. Une société dans laquelle chaque individu dispose d’une place dont il ne pourra jamais s’extraire. Une société qui conditionne ses membres dès la conception pour occuper un rôle bien précis et, surtout, ne jamais protester. Une société profondément cynique, en somme, guidée uniquement par la recherche immédiate du plaisir et de la consommation.
Il y a dans ce roman une satire grinçante du monde de la consommation tel qu’il se profilait à l’époque où Huxley l’a écrit. Un monde où chacun survole sa propre vie à grand renfort de cachets et de relations superficielles. Presque 90 ans plus tard, ce monde ressemble curieusement au nôtre. Et la réponse d’Huxley, trouver “refuge” dans l’amour et les vers de Shakespeare, n’en est que plus touchante.

En bref

Un roman cynique mais visionnaire qui interroge notre rapport au monde, aux autres et aux émotions. A lire au moins une fois dans sa vie.

Le livre
Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley
Editions Pocket (2012), 320 pages
Un grand merci aux éditions Pocket pour cette lecture.
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1 réflexion au sujet de “Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley”

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