Le malheur du bas d’Inès Bayard

Le malheur du bas d'Inès Bayard


Que devient la vie d’une femme après avoir subi un viol ? Cette question est au cœur du Malheur du bas, le premier roman brutal et étouffant d’Inès Bayard, magistralement maîtrisé.

Quatrième de couverture

« Au cœur de la nuit, face au mur qu’elle regardait autrefois, bousculée par le plaisir, le malheur du bas lui apparaît telle la revanche du destin sur les vies jugées trop simples. »

Dans ce premier roman suffoquant, Inès Bayard dissèque la vie conjugale d’une jeune femme à travers le prisme du viol. Un récit remarquablement dérangeant.

Mon avis
Si vous êtes une âme sensible aux souffrances d’autrui, préparez-vous car ce roman est d’une violence brutale. Une violence ordinaire, pourtant, sagement dissimulée sous les apparences d’un quotidien lisse, sans aspérités. Mais sous la peau, Marie se consume jour après jour. De n’avoir pas pu s’opposer à son violeur, de n’avoir pas su poser les mots sur son traumatisme, de n’être pas soutenue par ceux qui l’entourent.
Dans ce roman, la violence est partout. Dès la première scène, celle d’un infanticide. Dans la description crue et choquante du viol que Marie a subi. Dans chacun des mots, des pensées, des pulsions qui lui viennent après l’agression. Dans sa vision de la maternité, si sombre, si vile, si déroutante quand, comme moi, on a follement désiré son enfant. Dans sa manière de se reconstruire aussi, heureuse en apparence, en lambeaux à l’intérieur. Inès Bayard entre avec une précision troublante dans la tête de son héroïne et montre sans fard ce qu’une femme peut devenir après avoir été violentée.
J’ai lu ce livre dans un sentiment d’urgence, comme s’il me brûlait les mains. Pour faire cesser au plus vite la sensation d’étouffement que j’ai ressentie dès la première page. Le final est d’ailleurs à la fois tragique et entièrement prévisible. Cela n’empêche pas pour autant ce roman de forcer son lecteur à ouvrir les yeux sur une réalité qui dérange. Une belle réussite.
En bref
Un premier roman dérangeant et étouffant qui décrit l’inéluctable descente aux enfers d’une mère de famille victime de viol.
Le livre
Le malheur du bas d’Inès Bayard
Editions Albin Michel (2018), 272 pages

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