Là où vivent les loups de Laurent Guillaume

Là où vivent les loups de Laurent Guillaume
Je découvre l’univers de Laurent Guillaume avec son neuvième roman, Là où vivent les loups. Un polar entraînant et bien ficelé qui nous plonge dans une ambiance rurale et dérangeante.

Quatrième de couverture

Le train arrive dans la petite gare de Thyanne, terminus de la ligne. Priam Monet descend pesamment d’un wagon. Presque deux mètres pour un bon quintal et demi, mal sapé et sentant le tabac froid, Monet est un flic misanthrope sur la pente descendante. Son purgatoire à lui c’est d’être flic à l’IGPN, la police des polices. Sa mission : inspecter ce petit poste de la police aux frontières, situé entre les Alpes françaises et italiennes. Un bled improbable dans une vallée industrieuse où les règles du Far West ont remplacé celles du droit. Monet n’a qu’une idée en tête, accomplir sa mission au plus vite, quitte à la bâcler pour fuir cet endroit paumé. 
Quand on découvre dans un bois le cadavre d’un migrant tombé d’une falaise, tout le monde pense à un accident. Pas Monet. Les vieux réflexes ont la peau dure, et le flic déchu redevient ce qu’il n’a cessé d’être : un enquêteur perspicace et pugnace. La victime était-elle un simple migrant ? Qui avait intérêt à la faire disparaître ? Quels lourds secrets cache la petite ville de Thyanne ? Monet va rester bien plus longtemps que prévu.
Mon avis

Thyanne, petite bourgade savoyarde à la frontière entre la France et l’Italie. Sa petite gare, son hôtel un peu miteux, son pub façon western (« Le Route 66 »), son poste de la police aux frontières et les milliers d’hectares de forêts alpines qui l’entourent. Dans ce décor on ne peut plus rural où tout le monde se connaît, Priam Monet fait tache. 
Priam Monet, c’est ce commandant de l’IGPN, la police des polices, venu évaluer le poste aux frontières de Thyanne. Si accueillir un bœuf-carottes dans la maison n’est pas agréable, cela l’est encore moins quand ce flic est un géant obèse, grossier et misanthrope. Malheureusement, quand la découverte d’un cadavre bouscule leur tranquille petite routine, les policiers du coin comprennent qu’ils vont devoir se le farcir plus longtemps que prévu. Et ce n’est un plaisir pour personne.
Le point fort de ce roman, c’est justement la personnalité de son héros. Priam Monet a beau être insupportable (la grossièreté de son vocabulaire m’a plusieurs fois fait lever les yeux au ciel), il n’en reste pas moins un bon flic. C’est surtout grâce à lui que l’enquête avance et il devient même un peu plus fréquentable au fur et à mesure que le récit avance !
En plantant son décor dans un espace rural et reculé, où tous se connaissent mais où chacun est suspect, où les comptes se règlent à coups de fusil, Laurent Guillaume crée une atmosphère froide et dérangeante. On en prendrait même en pitié Priam Monet tombé dans le panier de crabes. 
Et finalement, l’intrigue qui s’annonçait être un simple meurtre se transforme en règlement de compte à grande échelle, que l’on attendait sans tout à fait l’avoir vu venir. Discrètement, patiemment, l’auteur a semé des indices que seul Monet a su interpréter, pour à la fin reconstituer un puzzle noir et cynique. Belle réussite !
En bref
Un polar rural froid, dérangeant et cynique, en apparence simple et prévisible, mais qui révèle son petit lot de surprises !
Le livre

Là où vivent les loups de Laurent Guillaume
Editions Denoël (2018), 303 pages
Je remercie les éditions Denoël pour cette lecture !

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