La compagnie des livres de Pascale Rault-Delmas

La compagnie des livres de Pascale Rault-Delmas

Vous avez envie d’un roman doux à l’ambiance délicieusement nostalgique ? Ne cherchez plus ! Le premier roman de Pascale Rault-Delmas vous emmène dans le Paris des années 60-70, dans une histoire qui célèbre l’amitié, le droit des femmes et les vieux livres.

Quatrième de couverture

Sceaux, 1966. Annie a des livres plein la tête et des rêves qui se bousculent. Dans la librairie de son grand-père, chaque bruissement de page l’éloigne de la sévérité de son éducation bourgeoise et lui fait oublier sa solitude : la Compagnie des livres est son refuge. 
Auvergne, 1966. Michel a perdu brutalement un être cher et son innocence d’enfant avec. Des parties de cache-cache dans les bois aux secrets confiés sur le chemin de l’école, rien ne sera plus comme avant. Seuls les romans, qu’il lit caché dans le grenier, apaisent son chagrin. 
Lorsque les hasards de la vie poussent Annie et Michel à se rencontrer, il suffit d’un regard pour que ces deux passionnés de lecture se reconnaissent. Mais le monde dans lequel ils grandissent a établi des barrières sociales difficiles à franchir. Et Mai 68 a beau souffler un vent de révolte sur la France, les préjugés ont la vie dure. 
Pourtant, ce printemps gorgé d’espoir, de liberté et de promesses leur appartient. Annie et Michel en sont convaincus : c’est maintenant ou jamais que doit s’écrire leur propre histoire.
Mon avis
La compagnie des livres n’est que le premier roman de Pascale Rault-Delmas et pourtant, il commence déjà sa seconde vie ! Ce texte plein de douceur et de caractère a d’abord été publié par l’auteure sur la plateforme d’autoédition Librinova en 2015, avant d’être repéré par les éditions Mazarine qui lui ouvrent les portes des librairies. Une belle aventure amplement méritée !
En ouvrant ce roman, préparez-vous à faire un retour en arrière des plus saisissants. Que ce soit à Paris ou en Auvergne, décors de l’intrigue, la fin des années 60 n’est pas vraiment synonyme de liberté, surtout pour les femmes. La tendance est plutôt aux mœurs réactionnaires et intolérantes : la société paternaliste se satisfait de laisser les femmes au foyer et condamne avec fermeté celles qui revendiquent leur droit sur leur corps. Sans compter la honte de fréquenter des gens qui ne sont pas “du même milieu”. 
Cette situation absurde et injuste révolte Hélène, fille de Lucien le libraire, élevée dans la tolérance et l’ouverture d’esprit offerte par les livres, qu’elle s’efforce de transmettre à sa fille Annie. A la librairie de son grand-père, Annie fait la rencontre de Michel, jeune Auvergnat fraîchement débarqué en région parisienne, qui dévore les livres comme pour échapper à son milieu de “gens simples”. La boutique aux étagères garnies de vieilles reliures devient leur échappatoire.

La compagnie des livres de Pascale Rault-Delmas
Il se dégage de ce récit l’atmosphère chaleureuse et un peu désuète du Paris des années 60 et des librairies poussiéreuses remplies de trésors. Les personnages de ce roman sont tous très attachants, même ceux dont on se méfie de prime abord. Annie et Michel sont touchants par leur caractère battant et leur soif d’apprendre qui les rassemble au-delà de leur différence de milieu. Les suivre de leur prime enfance jusqu’à leurs vieux jours a été un véritable plaisir.
Au début, j’ai été un peu gênée par le récit à la troisième personne et l’absence de descriptions qui créent une sorte de distance avec les personnages et leur histoire. Mais j’ai compris ensuite que cette distance offrait au contraire le recul qu’il fallait pour rendre le texte léger et agréable, sans pour autant le vider de son sens. Quelques dizaines de pages en plus ne m’auraient pas du tout dérangées.
En bref
Ce premier roman est une très belle surprise qui fait revivre les années 60 comme si on y était, met du baume au cœur et donne envie de se replonger dans les récits du Club des Cinq et de la Bibliothèque verte. 
Le livre
La compagnie des livres de Pascale Rault-Delmas
Editions Mazarine (2018), 360 pages
Publié initialement sur Librinova
Un grand merci aux éditions Mazarine pour cette belle découverte !
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