J’ai un tel désir de Françoise Cloarec

J'ai un tel désir de Françoise Cloarec

Dans J’ai un tel désir, Françoise Cloarec nous entraîne au cœur de la Belle Epoque pour nous raconter la relation passionnée qui a uni Marie Laurencin et Nicole Groult, deux femmes d’avant-garde qui ont marqué leur siècle. Une biographie pleine d’amour et de passion.

Quatrième de couverture

Marie Laurencin et Nicole Groult, une histoire d’amour peu banale. L’une est une peintre connue, ancienne maîtresse d’Apollinaire, l’autre une couturière talentueuse et créative, soeur de Paul Poiret et mariée à André Groult. 
Nous suivons leurs deux destins incandescents dans le Paris de la Belle Époque, de 1907 au début des années vingt, lorsque naît la première fille de Nicole. « C’est toi le père », dira Nicole à Marie. L’enfant s’appelle Benoîte Groult. 
Marie Laurencin a épousé un baron allemand juste avant la Grande Guerre ce qui lui vaut un exil de plus de cinq ans en Espagne. Elles s’écriront des centaines de lettres. 
Que leur désir réciproque puisse être coupable ne leur vient pas à l’idée, elles existent en marge de l’hypocrisie, naturellement. Elles devancent leur temps, sans autre revendication que leur liberté et leur plaisir. 
Entourées d’Apollinaire, Picasso, Braque, Rousseau, Picabia, Roché, elles ne laisseront personne briser leur entente qui durera toute la vie.
Mon avis

« Céleste épouse, cher ventre, amour excessif… Avec toi c’est si tendre. » Ces mots sont ceux de Marie Laurencin à Nicole Groult, sa chère amie et amante, sa complice de toujours. L’une est peintre, l’autre créatrice de mode. Toutes deux sont des figures incontournables de l’avant-garde artistique parisienne qui a marqué le début du 20ème siècle. Chacune mène sa vie de son côté, pourtant elles ne pensent l’une qu’à l’autre.
C’est l’histoire de cette complicité, de cette admiration, de cet amour entre les deux femmes que raconte brillamment Françoise Cloarec dans cette biographie passionnante. En relisant les nombreuses lettres que se sont échangées Marie et Nicole, en fouillant les archives à la recherche des témoignages d’époque, mais aussi en interrogeant les descendantes des deux femmes, la biographe fait revivre 45 ans d’amour et de passion.
Il y a dans ce texte quelque chose de touchant et d’intime à entrer au cœur de la relation si forte qui a uni Marie Laurencin et Nicole Groult. A travers de nombreux extraits de lettres et de témoignages, Françoise Cloarec redonne vie à toute l’époque qui a été celle des deux femmes : le Paris de la Belle Epoque, le cercle artistique dans lequel elles se sont rencontrées. On y croise Apollinaire, Picasso, Braque, Gabriële Buffet-Picabia, le douanier Rousseau… tout l’entourage d’artistes qui seront leurs proches jusqu’à leur mort.
Mais il y a aussi dans ce livre des côtés sombres : les ruptures amoureuses, les malheurs de la guerre, les souffrances de l’ego aussi… A ce propos, j’ai eu du mal à apprécier l’attitude de Marie Laurencin, trop égoïste et égocentrique pour s’intéresser un tant soit peu à ce qui se passe autour d’elle, se morfondant sur son sort d’exilée en Espagne alors que ses compatriotes meurent au combat.
Qu’à cela ne tienne : Françoise Cloarec restaure avec brio tous les sentiments que se sont portés les deux femmes, tout en transmettant leurs émotions au lecteur. Et souligne ce qu’il y a de fort chez ces deux personnalités d’avant-garde, qui ont su s’aimer en faisant fi de toute la honte et la culpabilité qu’aurait pu leur infliger leur époque.
En bref
Une magnifique biographie qui raconte l’amour que se sont portées Marie Laurencin et Nicole Groult, deux artistes du début du 20ème siècle. Un texte d’une beauté rare.
Le livre
J’ai un tel désir de Françoise Cloarec
Editions Stock (2018), 300 pages
Un grand merci aux éditions Stock pour cette lecture !
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