De notre côté du ciel de Hans Meyer Zu Düttingdorf

De notre côté du ciel de Hans Meyer Zu Düttingdorf

C’est un énième roman sur le sort d’une juive allemande pendant la Seconde Guerre Mondiale et pourtant, De notre côté du ciel est un texte unique. Dans ce récit à la fois grave et léger, Hans Meyer Zu Düttingdorf aborde ce que le passé a de plus douloureux comme de plus beau, et ce que les anciens peuvent transmettre aux jeunes générations.

Quatrième de couverture
Allemagne, années 1930 : Henriette, Hans, Charlotte et Karl sont les meilleurs amis du monde. Ensemble, ils forment la bande du trèfle à quatre feuilles et se sont juré de veiller les uns sur les autres. Tandis que les années passent et que le climat politique devient de plus en plus étouffant, Henriette et Hans tombent follement amoureux. Seulement, Henriette est juive. Pour rester en vie, elle devra fuir l’Allemagne, abandonnant derrière elle sa famille, ses amis et Hans.
Plus de cinquante ans après, Henriette quitte l’Uruguay accompagnée de son arrière petite-fille Rachel pour retourner sur les lieux de son enfance. Débute alors un voyage terriblement émouvant pour Henriette, mais aussi pour Rachel, qui ne sait rien du passé de son arrière grand-mère. 
Un roman tendre sur l’enfance et le passage à l’âge adulte d’une fillette au destin bouleversé par l’Histoire.
Mon avis
Qu’elle a eu la vie dure, Henriette, qu’elle a dû en vivre des épreuves ! Et pourtant, c’est une vieille dame de presque 100 ans, gaie et pleine de vie, que nous découvrons dès les premières pages de ce roman. Au crépuscule de sa vie, cette grand-mère tendre que nous aimerions tous avoir quitte l’Uruguay où elle vit pour accompagner sa petite-fille Rachel qui rêve de voir du pays. Direction l’Allemagne, le pays natal d’Henriette. Un voyage plus éprouvant que prévu, car c’est sur ces terres que, 90 ans plus tôt, sa vie a basculé.
Un souvenir après l’autre, Henriette se remémore les grands moments de son enfance, les plus beaux comme les plus douloureux. Sa complicité avec Hans, Charlotte et Karl, avec qui elle formait la bande du trèfle à quatre feuilles. L’amour que lui portaient ses parents. L’époque heureuse qui a précédé l’arrivée au pouvoir des nazis. Les humiliations, les violences, la peur et l’exil en Argentine. Mais aussi Hans, ce très cher Hans a qui elle n’a jamais cessé de porter un amour sincère.
Dans ce texte où s’imbriquent les souvenirs de la jeunesse d’Henriette et le récit de son retour sur sa terre natale, Hans Meyer Zu Düttingdorf parvient à décrire avec justesse l’épreuve qu’est le passage de l’enfance à la vie adulte quand on a plus aucun repère auquel s’accrocher. Sans parents, sans amis, sans pays, puisqu’elle a dû tout quitter au péril de sa vie, Henriette n’a d’autre choix que de se construire malgré la peur, malgré l’angoisse. Et le plus touchant est de constater que, malgré les épreuves, elle est devenue une femme forte, tendre et aimante.
J’ai beaucoup aimé ce roman qui m’a plongée dans une atmosphère à la fois terrible et bienveillante. Il se dégage de ce texte beaucoup de tendresse et d’amour, comme si Henriette éprouvait ce besoin de redistribuer tout ce dont elle a été privée. Voilà un personnage que j’aurais aimé rencontrer.
En bref
De notre côté du ciel est un beau récit sur la construction de soi malgré les épreuves, mais aussi sur la transmission des secrets, qu’il est parfois plus simple de garder pour soi. Un texte à la fois grave et tendre, triste et joyeux.

Le livre

De notre côté du ciel de Hans Meyer Zu Düttingdorf
Traduit de l’allemand par Brice Germain
Editions Les Escales (2018), 400 pages
Un grand merci aux éditions Les Escales pour cette lecture !
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