Coup de cœur : Des fleurs dans le vent de Sonia Ristić

Coup de cœur : Des fleurs dans le vent de Sonia Ristić

Le second roman de Sonia Ristić est une chronique de la fin du 20ème siècle à travers les espoirs et les désillusions de la jeunesse. C’est surtout un texte profondément humain qui rappelle que l’obscurité de notre époque peut-être percée par la lumière de l’amitié.

Quatrième de couverture
« Elle a vingt-quatre ans, une licence de lettres modernes avec laquelle elle peut au mieux espérer trouver un boulot de vendeuse au rayon librairie de la Fnac, toujours autant de comptes à régler avec papa, maman et docteur Freud, trois cents mots d’allemand et une centaine de thaï, deux histoires d’amour ratées et, à force de frimer en portant cinq assiettes à la fois, une tendinite chronique au poignet gauche.
Summer sent les larmes monter lorsque soudain, dans la foule, elle reconnaît les silhouettes de JC et Douma. Elle lâche son chariot et court vers eux. En un cillement, les deux années et demie, les routes, les villes, les questions existentielles, les tendinites s’envolent. Elle court se jeter dans les bras de Douma et JC, et elle pense que ce n’est pas grave, parce qu’elle finira bien par se trouver, parce qu’elle a aussi deux histoires d’amour réussies et parce qu’elle vient de rentrer à la maison. »
Mon avis
Quand j’ai ouvert ce roman, je ne m’attendais pas à être happée à ce point par l’histoire de JC, Summer et Douma. Les uns sans les autres, ils sont perdus, paumés, trop maladroits pour trouver une place dans leur époque. Mais ensemble, ils sont la “créature mêlée-emmêlée”, inséparables et plus forts que tout. Des fleurs dans le vent raconte leur parcours individuel, mais surtout leurs 400 coups et leur complicité indéfectible.
A travers l’histoire de ces trois jeunes gens, Sonia Ristić brosse un portrait brut et sans fard de la société française des années 80 au début des années 2000. Une époque de changement, d’inquiétude, d’espoirs puis de désillusions dans laquelle la jeunesse en perte de repère peine à trouver un sens à l’existence.

La romancière égratigne les beaux discours des politiciens de tous bords qui prônent l’intégration, l’égalité et la justice sociale, tandis que, dans la vraie vie, la différence est toujours marquée par le mépris, le racisme et l’homophobie. C’est Douma le métisse qui se fait contrôler dans la rue, c’est JC le “Portos” homosexuel auquel le père n’adresse plus la parole, c’est Summer qui s’évade dans les livres et les voyages parce qu’elle ne sait pas comment se fixer.

Mais ce que j’ai surtout retenu de ce texte parfaitement maîtrisé, c’est la puissance de l’amitié qui rassemble Summer, Douma et JC. Sublimée par la musique poétique que forment les mots employés par l’auteure, leur complicité est comme une lumière qui transperce le voile du désespoir, une ancre à laquelle chacun peut s’accrocher. La dernière scène du livre est d’ailleurs d’une beauté époustouflante et pleine d’espoir, d’une pure poésie. J’ai tellement adoré lire ce roman que j’aurais aimé qu’il n’aie pas de fin !
En bref
Un roman savoureux qui rappelle que l’amitié est porteuse d’espoir et de force face à l’incertitude d’une époque… et qui donne envie d’avoir des amis aussi complices !
Le livre
Des fleurs dans le vent de Sonia Ristić
Editions Intervalles (2018), 224 pages
Je remercie les éditions Intervalles pour cette lecture.

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